Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 22:51

       Venise


Venise se repose enfin de la fureur de l'été.
Et, l'envelopant de ses embruns, l'hiver et arrivé
Les gondoles sont rangées et oscillent,
doucement bercées par la marée
que le vent balaye délicatement de sa brise.
Le ciel a la couleur nacrée, légèrement grise
des hivernales journées de février.
Les Vénitiens sont calfeutrés, tout est calme et reposé.
La pluie habille d'un manteau anthracite
le belle ville endormie que rien n'agite.
puis, arrive, enfin, l'heure du carnaval.
C'est le moment tant attendu du grand bal.
Les désirs qui se cachent au grand jour
se parent la nuit de plumes et de paillettes,
les visages dissimulés par les loups de velours
sont avides de nocturnes conquêtes.
Le mystère envoûtant de la superbe cité
prend tout son sens dans la sensualité
d'une soirée où le rêve et l'amour sont permis;
Et dans le tourbillon d'une nuit, on vit.
Derièrre les masques magnifiques, les coeurs s'excitent.
Cachés, les esprits s'en emparent en musique,
et reveille Venise pour cette fête somptueuse
où elle s'éclaire d'une lumière voluptueuse,
avant de retourner à son sommeil, songeuse,
pensant avoir rêvé une nuit sans pareille.
Ecartant, pour un temps les journées brumeuses,
en attendant, patiemment, le retour du soleil.


                                                         MPD©




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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 15:25

Fevrier



L'aurore paresseuse laisse glisser
les lourds nuages gris d'acier
dans le matin froid, sans clarté,
et qui d'écrasent en larmes nacrées
sur les champs enrobés de brume,
nous donnant une impression d'écume.
Capuchonnés, gantés sous nos parapluies,
dérisoires abris de nos matins gelés,
nous devons affronter l'inéluctable ennui
d'une misérable journée de février.
Puis, soudain,au détour d'un chemin enneigé,
apparaît la corolle penchée d'une fleur blanche
pouvant enfin prendre sa revanche,
en forçant la croûte de ouate déposée
par des semaines d'un hiver enragé.
Le perce-neige, première fleur des hivers froids,
étonnamment fragile et solide à la fois,
nous entraîne vers une indicible joie,
celle de pouvoir croire que prochainement
arrivera enfin, un nouveau printemps.


                                      MPD ©



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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 22:24

Iphigénie


La douce Iphigénie à qui la vie sourit
va épouser Achille, l'homme lui est promis,
elle s'apprète, joyeuse, et elle rit,
malheureusement, son destin est maudit.

Elle part vers Troie, mais la ville est invincible
et le roi Ménélas reste irrascible
il ne peut pas faire tomber les murailles
qui gardent sa belle au fond de ses entrailles.

Son frère, Agamemnon est bloqué par les vents
Artémis, outragée, le repousse hardiment.
Il l'a offensée en tuant la biche
et elle refuse ses offrandes riches.

Un sacrifice est alors exigé
et son enfant doit être égorgée;
la chute de Troie est à ce prix
celui de la vie d'Iphigénie. 

Elle supplie et pleure son malheur
mais la main souveraine de son père
brandit le glaive qui tranchera la jugulaire
palpitante et vibrante des battements de son coeur.

Là, soudain, Artémis pardonne
aux larmes d'Iphigénie qui s'abandonne.   
Son sort émeut la coléreuse déesse
qui l'escamote et en fait sa prêtresse.

Elle retrouvera un jour, son frére Oreste
et rejoindra pour toujours sa chère Grèce.
Troie est tombée, le cheval l'a brisée
et Iphigénie a enfin recouvré la liberté.


                                                             MPD©


 

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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 10:36


Vous êtes, Monsieur, l'oxygène de ma flamme,
et si vous partez au loin, je m'amenuise
je m'éteinds, Monsieur, sans drame
si proche de cette terre promise
où vous viendrez un jour aussi, Monsieur
jouer auprès de moi les amoureux.
Et, lorsque mon coeur s'enflamme
et que je rêve d'être votre chemise
pour vous envelopper de douceur
et écouter les battements de votre coeur
vous êtes, à n'en  point douter , Monsieur,
seul à l'origine de cette emprise.
Et lorsqu'en passant, Monsieur, vous m'effleurez,
je sens mon sein se gonfler de désir
je rêve que vous m'enlevez,Monsieur
et m'emmenez vers des paradis de plaisirs.
Plus douce sera,alors, ma peine 
lorsque je partirai, Monsieur.
Me sachant à jamais votre reine,
j'irai vers le bourreau sans haine .
Et, puis, riant dans les cieux, 
je vous attendrai, Monsieur. 
Eussions- nous pu vivre en autres temps et autres lieux
que nous fussions ensemble heureux,Monsieur,
Mais c'est ainsi, je suis née reine et vous gueux
mais je ne vous en veux point, Monsieur.
Je vais mourir en vous aimant
et vous, vous vivrez en me pleurant.

                                                            MPD©
 
Je dédie ce poème à Catherine Howard, reine d'Angleterre et épouse de Henry VIII, executée en 1542 pour adultère

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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 16:28

 

1902 

 

La jeune fille, les cheveux déployés, court dans le vent;
son chapeau s'est envolé, mais elle vole maintenant
vers le jeune homme qui lui est promis, il est charmant.
Elle va l'épouser, il dépose sur sa main fine ,un baiser galant.
Elle exhulte et savoure son bonheur d'avoir été choisie
par cet homme qu'elle aime tant et qui lui sourit.
La noce attire pour elle et pour lui, le Tout-Paris.
Ils sont riches, jeunes, beaux et si bien assortis.
Puis, ce qu'elle découvre dans le soir qui suit
n'est pas à la hauteur de ce qu'elle croyait de lui.
Il soumet le corps de la jeune épousée à ses assauts,
tourmentant sa chair, la laissant vivre le chaos.
Insensible au cris de douleur et de peur
de la pauvre enfant,il la laissa à son malheur.
L'amour pur et courtois qu'elle espérait tant
ne dura même pas le temps d'un court instant.
Le lendemain, la jeune femme remonta tristement
sa longue chevelure en un chignon permanent.
Elle s'habillera élégament, aura trois enfants.
L'homme auquel elle avait lié sa vie n'était pas charmant.
C'était un dévoyé, arrogant et pesant
et elle pleure doucement dans la splendeur du palais
qui était censé être celui du bonheur, pas de la cruauté.
En une nuit, la jeune fille a vieillit brutalement;
elle a découvert que la vie était autrement.
Et les rêves qu'elles avaient formés dans le temps
n'étaient que le reflet d'un paradis perdu dans le vent.
                              
                                          MPD©http://www.galerieroland.com/galerie-art/sculpure-marbre-carrare-1900-jeune-femme.JPG


 

Par Mary-Pascale - Publié dans : ecriture - Communauté : les poètes d'abord...
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